Album Maux d'esprit
L’album dure 44 minutes et contient 12 chansons accompagnées d’un livret de 16 pages, avec les paroles ainsi que les photographies signées Christophe Simonato. Les jeux de mots et les maux d’esprit se faufilent dans une orchestration épurée où les duos de cordes sont seuls maîtres à bord. Sur le disque, je suis accompagné par de nombreux amis musiciens que je salue bien bas : Vincent Rivière (deuxième guitare, prises de son), Damien Révérand (deuxième guitare), Gildas Le Floch (basse), Thomas Chauvel (deuxième guitare), Raphaël Chevalier (violon), Stéphane Genay (violoncelle), Marc Beaumanoir (harmonica), Marie-Noël Tessier (voix), Jean-François Coupel (dejembe).
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quelques morceaux
« Il porte le doux et mélancolique nom de Pierrot Lunard… Pierrot lunaire…
Au clair des volutes bleutées de sa cigarette, le médiator a remplacé la plume d’oie
et Pierrot compose des refrains qui nous font tourner la tête « Et ma pauvre vie galope
sur la fumée de ma clope, A cheval sur un mégot je vais là-haut ». A califourchon
sur ces odes déraison, nous aussi, partons. Peut-être a t-il choisi ce nom pour rendre hommage
au mélodrame parlé d’Arnold Schönberg, Pierrot Lunaire, qui met en musique des poèmes d’Albert Giraud…
Ce qui est en tout cas certain, c’est qu’il aime les mots, s’en délecte autant que des baisers brûlants
de sa perverse compagne, blonde ou brune, selon l’humeur, des mots pour parler du quotidien,
des potos ou des ex qui traînent sur son chemin : Lulu « Ca me fait chier de te voir partir,
Tu es gravé dans mon souvenir, Et de l’oubli je t’ai exclu » , Laëtitia ou Karine.
Comme dans le « Bistrot préféré » de Renaud, on croise aussi chez lui d’illustres hommes : Gainsbourg,
Miossec, Hugo ou Rostand. Guitare, voix, mots et mégots, voilà Pierrot. Il est le maître à bord de son rafiot,
a autoproduit ses maux d’esprit, a surtout pris son temps, la plus ancienne chanson de l’album date de 1992.
De la production jusqu’à la conception graphique, Pierrot a tout supervisé, entouré de ses copains.
Et son album pourrait sortir des plus grands studios d’enregistrement, car s’il y a mis tant de temps,
c’est pour nous livrer un diamant poli. Poli, mais certainement pas lisse. Il nous trace une route fantastique,
faite d’épines et de brumes, mais aussi de rires. Car ce Pierrot-là a de l’humour,
la distance nécessaire envers lui-même pour ne pas sombrer dans le pathétique :
« Ce soir-là ce fut la dernière fausse note, La dernière prise de tête de linotte,
Avoir des cornes longues comme un télescope, C’est la goutte qui a fait déborder ma chope ».
« Moi je vis là-haut dans la lune », nous chante-t-il… Ne descend surtout pas Pierrot, pour te rejoindre,
nous escaladons les tresses brunes de tes chansons. »
Critique sur le Site L’
Art Scène
Cynthia, le 25/01/2004